Dwa a choisi de vivre de sa passion, le dessin

Parce que si l’on doit travailler pendant 30 ans, autant faire un travail qu’on aime.

Eric Andriatsialonina, plus connu sous son nom d’artiste Dwa, est un dessinateur reconnu dans la Grande-Île. Économiste de formation, l’homme a eu un parcours exceptionnel. Il a travaillé au Ministère des Finances avant de tout quitter en 2011. Et, depuis 10 ans, il travaille à plein temps en tant que dessinateur-scénariste indépendant, auteur de BD et carnettiste. Dwa nous a livré l’histoire de ce parcours un peu particulier à travers un BD sur ses pages Facebook et Instagram de Août à Octobre 2021. Celui-ci est aussi visible gratuitement sur le site https://www.patreon.com/Dwa_artist.

En entendant son histoire, on ne peut que se demander la raison qui l’a poussé à emprunter cette voie, c’est-à-dire devenir un artiste à temps complet. Dwa nous explique que : « Parce que si l’on doit travailler pendant 30 ans, autant faire un travail qu’on aime et ce métier est le seul pour lequel je ne compte pas les heures. » En fait, quand sa femme était enceinte de leur deuxième enfant, il travaillait encore au Ministère des Finances. Mais cette période de grossesse fût également une longue période de réflexion pour notre futur artiste. Et, au bout de quelques mois, il s’est rendu-compte qu’il voulait dire à ses enfants quand ils seront grands qu’ils pouvaient devenir ce qu’ils voulaient être et que rien n’était impossible. Toutefois, « il faudrait travailler dure et faire des sacrifices. Mais quel genre de père j’aurais été si je leur disais cela alors que moi je ne l’appliquai pas sur moi-même. Bref, nous avons voulu montrer à nos enfants qu’il n’y a pas qu’une seule manière de s’en sortir dans la vie », nous avoue-t-il. C’est ainsi qu’il a décidé de se lancer à fond dans sa passion qu’est le dessin.

Au niveau social, Dwa est une personne engagée. Par exemple, il a accepté de devenir le parrain de l’association Cedrina cette année. Cette association vise à favoriser la réussite scolaire, éducative et culturelle à Nosy-be. « Les fondatrices étaient convaincues que mon parcours pouvait servir de modèle à des enfants », explique-t-il. Coté professionnel, dans les prochains mois, il va travailler sur une adaptation en BD de Grand Frère de Mahir Guven, un livre qui a eu le prix Goncourt du premier roman en 2018. « Sinon, j’ai toujours d’autres petits projets dans le frigo. Pour le moment, ils ne sont pas encore suffisamment murs pour que l’on en parle », ajoute-t-il.

Le message de Dwa…
Je m’adresserais aux jeunes qui veulent se lancer dans le métier, ou dans l’art en général. Objectif, discipline et plaisir. Il faut avoir se fixer des objectifs, avoir une vision de ce qu’on veut être ou ne pas être dans le futur. Il faut ensuite se discipliner pour faire toutes les tâches nécessaires pour atteindre ces objectifs. Quand on est motivé, c’est facile de s’asseoir à son bureau et travailler ; quand on ne l’est pas, il faut avoir une très grande discipline pour abattre du travail. Et enfin, il faut prendre du plaisir à chaque étape, ne pas être trop dure avec soi-même.

Nos questions à Dwa

  1. Quels œuvres vous aimez le plus parmi celles que vous avez faites ?
    J’aime tous mes albums. Chacun a une histoire particulière pour moi, que ce soit ceux que j’ai faits avec Pov (Mégacomplots à Tananarive, Coût d’état à Tamatave, Lundi noir sur l’île rouge ou Dictature à Brickaville), Liva Rajaobelina (La Réunion Kely) ou tout seul (Back to Al Bak, Un Gasy à Paris). Mais j’avoue avoir une affection particulière pour mes travaux personnels. Alors si je devais en choisir un, ce serait Back to Al Bak, tout simplement parce que c’est le premier et qu’il m’a ouvert beaucoup de portes.
  2. Quel œuvre vous a marqué le plus ?
    L’œuvre qui m’a marqué le plus, c’est le livre « Ary Jesoa niara-nonina tamintsika » de Pierre Thivolier et dessiné par Noel Gloesner. Les dessins, les couleurs, la mise en page sont d’une beauté époustouflante. On pourrait faire un poster géant avec n’importe quelle case. Ça fait des années que je lis ce livre, j’y reviens régulièrement pour l’apprécier.
  3. Comment les gens voient-ils le métier de dessinateur ?
    Peu de gens réalisent qu’être dessinateur ou auteur de BD est un travail. Oui, ça l’est, et c’est beaucoup plus dur que d’autres travails. À Madagascar, il n’y a pas d’école pour devenir dessinateur, il faut s’autoformer toute sa vie. Alors s’il vous plait, quand on affiche un tarif, comprenez qu’il englobe toutes nos années de formation, nos outils et aussi notre gagne-pain.