Mampianina Randrianarisaona, une journaliste auteure et scénariste signant dans un métier d’avenir

L’on parlera beaucoup des métiers à Madagascar sur cette rubrique, car beaucoup de jeunes sont en phase de recherche et de prendre ce qui leur vient sans pour autant répondre à un développement de carrière comme il se doit de l’être. En effet, plusieurs secteurs d’activités s’orientent vers le digital car il semble être l’avenir du travail. Tout se fait quasiment en ligne, bien que d’autres personnes continuent de garder la tradition du troc de proximité. Notre invitée du jour nous parle de rester dans un même milieu qui renforce l’expérience et l’expertise. Allons la rencontrer !

Pouvez-vous dire à nos lecteurs qui vous êtes et ce que vous faites comme métier ?

Je m’appelle Mampianina Randrianarisaona, je suis connue sous la plume de Mampianina Randria. Je travaille comme journaliste, auteure et scénariste.

Pourquoi ce choix de métier ?

Comment vous le dire ? J’ai choisi le métier de journaliste tout simplement par le fait que j’en ai rêvé depuis toute petite et surtout dû à ma timidité extrême. Concrètement, je suis de nature à ne pas trop parler, assez réservée. En conséquence, ce métier m’a permis de franchir des grands pas personnels pour une aisance socio-comportementale. Je souhaitais, notamment, pouvoir m’extérioriser, pouvoir améliorer mes relations avec d’autres personnes, car ce n’est jamais évident d’aller vers les autres quand on est né avec une timidité assez handicapante.

De ce fait, j’ai décidé de m’orienter vers cette profession afin de m’exprimer de la manière où je pouvais circuler en toute commodité. Le métier de journaliste est un métier noble parce que cela nous permet de partager nos connaissances tel un devoir citoyen, de participer tout en travaillant pour une cause communautaire.

Oui, mais qu’est-ce qui vous a poussé à vous dire «Tiens, je veux être journaliste !» ?

Si vous voulez, je continue de faire ce métier par conviction. Quand j’étais enfant, je regardais beaucoup de films sur les journalistes qui partaient en guerre, pour couvrir ces dernières. C’était à l’étranger bien sûr, mais pas à Madagascar. Rires. Je faisais partie d’une génération « télé », on va dire, qui se referait à ce que les yeux l’habituaient. Je regardais beaucoup ces films-là. J’adorais ces femmes-là qui se donnaient corps et âmes pour travailler dur. On pourrait dire que ce sont des êtres martyrs pour une cause souvent inexpliquée, mais qui de visu, prouve une sorte de quête de vérité d’intérêt public.

Vous voulez être comme ces femmes-là ?

Effectivement, je voulais être comme ces femmes-là. Je ne vous en cache pas. Comme je vous ai souligné si peu, j’étais une petite fille très timide, je m’exprime peu oralement. J’avais de difficultés à parler en public. A partir de là, je ne m’exprimais que dans mes écrits. Et le travail de journaliste se base beaucoup sur le travail d’écriture également. Il faut le rappeler. Le journalisme m’est devenu un canal d’être moi-même et qui m’a simplifié un quotidien souvent bavard.

Comme je l’avais déjà dit, je veux participer en tant que citoyenne digne de ce nom. Je veux travailler pour contribuer et ne pas rester statiquement citoyen. Le métier de journaliste aide à faire connaitre la réalité bien que la vérité ne soit, parfois, floue ou flouée. Cela dépend des circonstances. Les personnes qui ont besoin d’informations passent par les journalistes. Des personnes qui ont besoin d’orientation, de porte-parole. Tout cela se moule dans un seul monde qui fait tout un mélange d’un but commun.

Racontez-nous un peu comment faites-vous pour concilier le monde du journalisme et celui de la littérature ?

Le point commun est l’écriture. C’est ce qui concilie les deux. Déjà, j’ai toujours aimé écrire. Cela m’est venu naturellement. Les deux mondes se sont ralliés d’une évidence plausible. Ensuite, ce qu’il faut savoir, c’est ce que c’est différent d’écrire dans la littérature et d’écrire dans le journalisme. Car dans le premier, je dois être fidèle aux faits et dans le deuxième, je dois seulement être fidèle à moi-même, à ce que je ressens que je transpose sur un papier, si vous voulez.

Subséquemment, dans le milieu du journalisme, je ne peux pas me mettre en avant, je ne peux pas dire ce que je ressens contrairement aux faits, relayer mes sensations, ce n’est pas du journalisme, à mon avis et du peu que j’ai connu.

Si, un peu, car il faut aussi que vous soyez convaincu de ce que vous allez émettre ?

Mais quand même, dans le monde du journalisme, je peux approfondir mes connaissances sur les livres d’auteurs, des idées, et faire un va-et-vient entre ces mondes-là renforce le professionnalisme. Ce n’est pas si différent après tout, vous savez. Car les deux milieux se complètent comme le fait d’avoir du travail afin d’analyser un livre, de faire le portrait d’un auteur. C’est un monde pareil et parallèle qui offre une certaine façon de se perfectionner encore plus dans le style d’écriture. Il y a des styles d’écritures journalistiques qui peuvent être approfondis par le biais de la littérature.

En d’autres mots ?

Quand j’ai une inspiration littéraire, cela peut se transformer en production journalistique. Cette méthodologie m’aide beaucoup même si je dois plus travailler et faire plus de mise en forme pour que cela s’oriente davantage vers un article journalistique. Les demandes et les offres de prestation se trouvent dans le même milieu notamment surtout dans le milieu culturel. Je côtoie les mêmes personnes, les mêmes personnages.

Que ce soit dans le monde de la littérature de même que celui du journalisme, je suis à l’aise dans mes deux mondes, j’élargie aussi mon réseau. Quand je vais interviewer des auteurs, cela élargie mon réseau en tant qu’auteur. Si j’assiste à un événement littéraire, je peux avoir des sujets de traitements journalistiques. Le hic, quand je suis plongée dans mon corps de journaliste, je dois savoir jongler car il faut avoir le rythme et beaucoup méditer. Rires.

Et un mot sur votre entrée professionnelle en tant que scénariste ?

J’ai pu entrer dans le monde de la littérature et avancer dans ma carrière en tant qu’auteure. J’ai compris le monde du cinéma grâce aux RFC, Rencontres du Film Court. Je l’ai intégré bien que je l’ai déjà découvert auparavant. Les cinéastes ont aussi constaté qu’il n’y avait pas de scénaristes au pays. Il y avait seulement des auteurs dans le monde de la littérature, et des réalisateurs.

C’était une aubaine pour moi parce que l’écriture d’un scénario est tout un travail à part la réalisation d’un film. Les cinéastes nous ont regroupés avec les réalisateurs pour que nous nous formions dans l’écriture de scénario. Il y avait entre temps une boîte de communication qui avait un projet de série qui nous a proposé d’écrire le scénario et au fil du temps, on s’est formé pour que les films malagasy soient aux normes défendables.

Un message peut-être pour nos lecteurs ?

La passion d’un métier nous ouvre tellement de portes quand on y met du sien et surtout faites en sorte que votre travail ait du sens. Ne le faites pas pour de l’argent, mais faites-le pour vous développer et développer aussi votre société. Voilà !