Patricia Ramavonirina, journaliste malgache primée et passionnée

Patricia Ramavonirina, la belle plume du succès.

Être journaliste à Madagascar semble défiant surtout si on doit se situer littéralement derrière une ligne éditoriale qui, de surcroît, doit être respectée. Un journalisme souvent scotché par le choix politique du propriétaire de l’organe de presse, certains journalistes peinent à se faire une signature. Mais, pour Patricia Ramavonirina, journaliste société, c’est un métier qui demande de la passion avant toute chose. Les détails dans cette rencontre de vive voix.

Présentez vous s’il vous plaît?

Je m’appelle Patricia Ramavonirina, journaliste au sein du quotidien La Vérité depuis maintenant 14 ans. J’ai 35 ans. Je suis mariée et mère de trois enfants.

Pourquoi avez vous choisi le métier de journaliste ?

J’ai choisi le métier de journaliste puisque j’ai suivi des études en communication à l’Université d’Antananarivo, avant de me spécialiser dans la communication médiatique.

Que faites vous à part ce métier ?

A part être journaliste, je fais des petits métiers liés à la communication et au journalisme, dont la rédaction, la correction, la consultance.

Quels sont les enjeux, les défis du journalisme à Madagascar ?

Le journalisme à Madagascar semble perdre sa force depuis quelques années, à cause de l’intégration de « personnes avides d’argent et en manque de passion ». Il faudrait prioriser l’assainissement de ce monde pour retrouver sa valeur d’il y a quelques années.
Le journalisme était ma passion enfouie. J’ai toujours aimé écrire et j’ai un sens d’observation remarquable. (Rires). Cela fait de moi une bonne journaliste de presse écrite, d’après mon prof à l’Université.

Qu’est ce que vous aimez ou pas dans ce métier ?

Ce métier m’aide à m’améliorer de jour en jour, avec le traitement de sujets variés dans ma rubrique qu’est la société, dont l’éducation, la santé, la population. J’aime aller à la rencontre des gens issus de divers milieux sociaux, oeuvrant dans nombreux domaines et secteurs d’activités. Par contre, je me désole du fait que certaines autorités utilisent le journalisme pour manipuler ou pour défendre leurs intérêts personnels, sans tenir compte de ceux de la population. D’ailleurs, la ligne éditoriale de chaque organe de presse peut expliquer cela. La politisation de ce domaine n’est pas toujours bénéfique pour les habitants.

Quel était votre sensation à la parution de votre premier article ?

Mon premier article était sur la gestion des risques et des catastrophes, plus précisément sur un exercice de simulation cyclone en 2008. C’était un reportage riche en découvertes et écrire l’article m’était facile. J’étais tellement fière de moi lors de sa parution.

Et l’article qui vous a marqué le plus?

L’article qui m’a le plus marqué, c’était plutôt un dossier de deux pages, parlait d’une jeune fille mère de 16 ans et de son calvaire. A peine 16 ans, elle a dû élever seule son enfant après avoir subi des violences conjugales avant d’être abandonnée par son mari et délaissée par sa famille. Toutefois, elle avait cette force et cet espoir pour un avenir meilleur. Son courage et sa détermination m’ont marquée. J’ai été primée par l’Unfpa grâce à ce dossier.

Vous avez plusieurs fois gagné des concours

J’ai été primée quatre fois , dont deux fois par l’Unicef. Au début de ma carrière, je n’osais pas participer à des concours faute de confiance en soi, mais mon boss m’a encouragé.

Parlez nous de ce que vous ressentez à chaque victoire ?

Recevoir un prix, notamment décerné par un organisme onusien est toujours un honneur. Je me sentais « meilleure » et reconnaissante que mes efforts soient récompensés.

Donc, quel est le secret d’un bon journaliste ou d’une bonne journaliste ?

Le secret d’un bon journaliste c’est, tout d’abord, la passion. De plus, comme on dit, il faut faire un métier que l’on aime pour mieux s’épanouir. Il faudrait ensuite donner le meilleur de soi même et imposer son style dans la manière de traiter les infos

Que diriez-vous aux personnes qui veulent faire le même métier ?

Pour ceux et celles qui veulent faire ce métier, il faudrait que vous ayez de la passion et de la détermination à faire face à diverses contraintes, dont le fait de travailler durant les weekends et les jours fériés. (Rires). Il faut aussi imposer son style à travers une bonne rédaction. Respecter l’éthique et la déontologie du journalisme constitue une base.

Tsodranoe

1 « J'aime »