RASOAFARA Josette Aline, une juriste publiciste défendant la place des jeunes dans les affaires du pays

Il existe une citation malagasy qui dit : « Ny tanora no hoavin’ny firenena » littéralement traduite par la jeunesse est l’avenir de la nation. Un message fort demeurant anodin en comparant la situation de la jeunesse malagasy d’aujourd’hui. En effet, notre invitée de ce jour nous parlera de l’importance de responsabiliser tout un chacun au profit de tous. C’est parti.

Pouvez-vous nous dire un peu sur qui vous êtes et ce que vous faites dans la vie ?

Je m’appelle RASOAFARA Josette Aline.
Je suis juriste publiciste et coach en art oratoire et en image publique.

Qu’est-ce qu’un juriste publiciste ?

Une juriste publiciste, c’est un étudiant en droit qui se spécialise en droit public.
De ma part, j’ai approfondi la branche des relations internationales, entre autres la coopération entre les États et les organisations internationales.

Comment cela vous est il venu ?

Je dirais, ma mère. Rires. Elle m’a beaucoup influencée étant juriste elle-même.
Mais en grandissant, j’ai vraiment voulu apporter ma pierre à l’édifice pour la société malagasy. Alors, je me suis dit qu’être juriste ferait la différence. J’ai aussi constaté que Madagascar mérite une place à part entière dans les concerts des nations d’où mon intérêt pour les relations internationales et le droit international public.

Est-ce la raison de votre voyage en Albanie ? D’ailleurs, parlez nous de cette aventure ?

Le départ pour l’étranger n’a pas un lien direct avec mes études. C’était un concours dans le cadre du parlement francophone des jeunes, PFJ, organisé par le parlement francophone des jeunes à Paris. En effet, le PFJ donne des règles aux Assemblées nationales des pays francophones et c’est à l’Assemblée nationale de mettre en place le concours et sélectionner les deux candidats, femme et homme, pour représenter le pays. Pour Madagascar, c’était moi RASOAFARA JOSETTE ALINE et Andrianandraina Anthony.

Quel était votre rôle ?

Pour ma part, j’ai fait partie de la Commission coopération et développement qui a traité le thème de : la participation des jeunes dans la lutte contre le changement climatique et leur implication dans les objectifs de développement durable. Dans cette même commission une élection a été faite pour élire les membres du bureau qui va la conduire.
Je me suis présentée entant que rapporteure et j’ai été élue. Rires. Le ou la rapporteure a pour rôle de suivre les amendements et de donner son avis sur la résolution.

En d’autres termes ?

Pour faire simple, le rapporteure fait surtout un rapport du travail de la résolution devant les différentes personnes en plénière.
Et c’est ce que j’ai fait vendredi dernier, j’ai représenté la commission coopération et développement pour présenter notre résolution devant les autres commission, les responsables du PFJ et d’autres personnalités politiques présentes.

Qu’est ce qui manque à la jeunesse malagasy de suivre vos pas ?

En toute honnêteté, rien! Rires. La jeunesse malagasy est intelligente et pleine de talent. Et si je devais faire un appel, ce serait aux entités qui ne donnent pas assez de place aux idées et actions de la jeunesse. Et pourtant nous débordons d’idées innovantes et nous voulons vraiment faire bouger les lignes dans ce pays. Les jeunes sont le moteur du changement dans leur pays. Telle est la place qu’ils méritent. Ils doivent vraiment avoir des postes à responsabilité et on doit prendre en compte leur avis.

Quelle est, alors, la place des jeunes ? Ils passent leur temps à l’université, perdre des années pour devenir chômeur ? Votre avis ?

L’université est une étape importante. C’est indéfectible ! Il faut étudier ! Quand j’étais là-bas, des jeunes de 23-24 ans avaient des doubles master et parlaient plus de 3 langues étrangères. Il faut étudier, ça c’est sûre. Rires.
Le chômage touche beaucoup le pays en ce moment, certes, mais il ne faut pas se laisser démonter par ça. Les jeunes doivent préparer leur avenir dès lors qu’ils sont encore à l’université pour connaître tous les débouchés possible.

A défaut de travailler pour quelqu’un, pourquoi ne pas entreprendre ou créé des associations et ONG. La jeunesse doit impérativement trouver une solution contre le chômage. L’État premier responsable de ce chômage doit également trouver une stratégie adéquate pour que les jeunes malagasy puissent trouver un travail à la hauteur de leur diplôme.

Mais, pourquoi cela ne change pas d’après vous, car avant vous, beaucoup l’ont clamé cette jeunesse porteuse d’idée ?

Je pense qu’il y a un manque d’attention pour les jeunes vis à vis des dirigeants. Tous se disent que la jeunesse est importante, mais quand il faut vraiment prendre des décisions qui nous concerne, on ne nous inclus pas. Il faut, alors, un rapprochement entre toute la chaîne du changement.

Un message ?

Changez le monde à votre niveau.
N’attendez pas d’être quelqu’un pour faire bouger les lignes. Vous pouvez faire la différence là où vous êtes.

Un mot pour les femmes qui hésitent encore d’avancer à cause des différents caractères pseudo-culturels ?

Mesdames, vous êtes capables de faire tout ce que vous voulez.
Ne laissez ni la société ni un homme ni même une autre femme vous dire que vous n’êtes pas à la hauteur. Le choix de réussir est entre vos mains seules.

C’est un message féministe ?

Humaniste plutôt. Je suis pour le droit de la femme et pour l’égalité Femme-homme.
L’égalité de genre est un combat avec les hommes et non contre les hommes.

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